Haies de bordure : taille-haie hydraulique ou sur prise de force ?

Haies de bordure : taille-haie hydraulique ou sur prise de force ?

Sur une exploitation de polyculture-élevage, les haies de bordure se comptent vite en kilomètres. Tant qu’une entreprise de travaux agricoles passait une fois par an, la question du matériel ne se posait pas. Elle se pose le jour où l’on veut reprendre la main : tailler quand les parcelles sont libres, à la hauteur choisie, sans attendre son tour dans un planning chargé. En feuilletant les catalogues, on tombe alors sur deux familles de taille-haies à bras qui se ressemblent beaucoup sur la photo, et assez peu dans leur manière de travailler.

Deux machines proches, deux façons de recevoir l’énergie

Le principe de coupe est le même dans les deux cas. Un bras articulé porte une barre de coupe à sections, qui taille successivement les faces et le dessus de la haie. Toute la différence tient à la source d’énergie.

Le taille-haie hydraulique se branche directement sur le circuit du tracteur : c’est l’huile fournie par le tracteur qui anime la barre et actionne le bras. Le modèle sur prise de force reçoit son mouvement par un cardan, qui entraîne une pompe alimentant un circuit hydraulique propre à la machine. Le premier dépend donc de ce que l’hydraulique du tracteur sait fournir, le second surtout de sa prise de force.

Dit comme cela, la distinction paraît théorique. Elle décide pourtant du tracteur que l’on pourra atteler et de ce qu’il faudra vérifier avant de signer le bon de commande.

Quand l’hydraulique du tracteur suit, le modèle hydraulique gagne en simplicité

Sur un tracteur bien pourvu en distributeurs, dont la notice annonce des caractéristiques hydrauliques confortables, le modèle branché sur le circuit est la solution la plus directe. On attelle la machine au relevage trois points, on raccorde les flexibles, et l’on peut travailler : pas de cardan à mettre à longueur ni à protéger, pas de second circuit à surveiller.

Un taille-haie hydraulique à sections pour tracteur demande en échange que la machine qui le porte fournisse ce que la fiche technique exige : nombre de distributeurs, caractéristiques hydrauliques, plage de puissance. Ces données se comparent ligne à ligne avec la notice du tracteur, avant la commande, et non devant l’outil fraîchement livré.

Ce montage convient bien au tracteur dont l’hydraulique travaille déjà au quotidien, avec un chargeur, une benne ou des outils à vérins. On connaît ses sorties, ses raccords et ses limites, et l’on sait d’avance si le taille-haie y trouvera son compte.

Le modèle sur prise de force rend service aux tracteurs à l’hydraulique modeste

Beaucoup d’exploitations gardent un ancien tracteur pour les petits travaux. Sa mécanique est saine, sa prise de force tourne rond, mais son hydraulique a été pensée pour lever un outil au relevage, guère plus. Lui demander d’alimenter en continu un bras et une barre de coupe, c’est s’exposer à des mouvements lents et à une coupe qui peine dès que la haie s’épaissit.

C’est dans ce cas que le taille-haie sur prise de force trouve sa place. Il apporte son propre circuit, et le tracteur lui fournit surtout la rotation, par le cardan. La contrepartie n’est pas négligeable : il faut atteler et sécuriser ce cardan, vérifier que les cannelures de la prise de force correspondent, respecter le régime indiqué par le constructeur, et entretenir un circuit supplémentaire, avec son huile à contrôler.

Et si le vrai critère était le tracteur qui fera le travail ?

Sur une ferme qui compte plusieurs tracteurs, la question n’est pas de savoir quelle technique l’emporte dans l’absolu, mais quelle machine restera attelée au taille-haie pendant toute la saison de taille. Prenons un exemple type : un tracteur principal très demandé l’hiver pour l’alimentation du troupeau et le curage, et un ancien 50 CV qui passe la mauvaise saison sous le hangar.

Si l’on veut garder le tracteur principal disponible, c’est l’ancien qui taillera. Reste à ouvrir sa notice. Si son circuit fournit ce que demande la fiche d’un modèle hydraulique, et si sa puissance entre dans la plage indiquée pour la largeur de barre visée, c’est la solution la plus simple. Si l’hydraulique est juste, un modèle sur prise de force évitera de lui demander plus qu’il ne peut donner.

Le calendrier pèse aussi. Les haies ne se taillent ni au printemps ni en été, pour ne pas détruire les nids, et les exploitants soumis à la PAC doivent en plus respecter une période d’interdiction de taille, dont les dates exactes se demandent à la DDT ou à la chambre d’agriculture. Le chantier tombe donc en automne et en hiver, à un moment où chaque tracteur a déjà son emploi du temps.

Et l’épareuse, dans tout ça ?

On objectera qu’une épareuse fait aussi les talus et les fossés. C’est exact, et pour une exploitation qui a des kilomètres d’accotements à entretenir, elle garde toute sa place. Mais si le travail porte surtout sur des haies, un taille-haie à bras évite d’investir dans une machine multifonction dont une partie des capacités ne servira jamais.

La barre à sections a en outre un intérêt pour la haie elle-même. Elle cisaille proprement les pousses, là où un rotor à fléaux passé sur du bois trop gros a tendance à l’éclater. Sur des haies de bordure que l’on veut garder denses et vivantes pendant des décennies, la différence se voit au bout de quelques saisons.

Avant de choisir, sortez la notice du tracteur que vous comptez atteler et relevez trois informations : le nombre et le type de distributeurs, les caractéristiques hydrauliques disponibles, le type de prise de force et ses cannelures. Posez-les à côté des fiches techniques des deux modèles qui vous intéressent. La réponse s’y lit souvent bien avant le premier essai en bout de champ.